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RMD (HE) -FAQ3- Quels types de "sources", et qu'en faire ? (Read 3 419 times)
Eodhel
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RMD (HE) -FAQ3- Quels types de "sources", et qu'en faire ?
23.02.10 à 18:26:07
 
Les artefacts, le mobilier de fouilles, les pièces de musées
Ce sont les "sources primaires", les irréfutables.
Ce sont aussi les plus rares (en matière d'habillement par exemple) et ne sont pas toujours faciles à interpréter (à quoi pouvait bien servir ce chiffon ? Ou ce pot ? D'où viennent-ils ?etc.)
A utiliser sans modération.
On trouve des rapports de fouilles parfois gratuitement en ligne, on peut en acheter.
Le chapitre  http://mediaephile.com/forum/cgi-bin/yabb2/YaBB.pl?board=Liens  donne des URL et des adresses de  commandes en ligne.
Ces "sources" sont les seules qui peuvent donner une indication fiable sur les matériaux utilisés : ni les peintures, ni les statues ne peuvent dire à coup sûr quel matériaux était utilisé.
Lé bémol à prendre en compte : l'existence d'un objet n'explique pas toujours comment il est employé ni en quelles circonstances il est utilisé.


Les textes contemporains : les contes et les comptes
A moins d'une formation spécialisée, ni le vocabulaire ni la calligraphie "d'époque" en vieux français ne sont accessibles au commun des mortels que nous sommes.
Mais nous disposons de transcriptions réalisées par des érudits ou des chercheurs.  Il faut cependant être conscients qu'il y a forcément des interprétations et que cela nécessite encore souvent des traductions pour que les autodidactes que nous sommes puissent suivre. C'est pour cela que ce ne sont alors plus des "sources primaires".
Les chansons de geste, étudiées en classe, les fabliaux transcrits un peu partout sur la toile, les livres de compte, les inventaires (souvent en latin), les ordonnances royales, autant de témoignages contemporains très précieux.
Ils nous informent sur la qualité des étoffes, le type de matériaux (à la traduction près...), les lieux de production, les prix de vente des denrées, le mode de vie quotidien...
Le bémol à prendre en compte : il y a une traduction, donc une interprétation.



Les textes modernes
(Je parle de ceux des chercheurs, hein, pas de ceux des blogueurs lambda. A la rigueur certains blogs d'érudits, documentés et garnis d'une abondante bibliographie sérieuse et vérifiable, mais certainement pas le blogueur lambda, ni même le blogueur lambda qui s'autoproclame "roi du textile millésimé").

Sans eux, impossible de s'en sortir ni d'y comprendre quoique ce soit. A condition d'éviter les travaux ésotériques et/ou déconnectés du réel.
Il est de bon ton selon certains courants du hobby de cracher dans la soupe à propos d'auteurs ayant publié il y a plus de, disons, 50 ans ; il est évident que qu'en matière d'analyse de mobilier de fouille, on en apprend tous les jours, mais il ne faut pas croire que le monde nait avec nous : d'autres ont compulsé, étudié et analysé des manuscrits. D'ailleurs avant l'avènement  de l'internet et de la numérisation, difficile pour le hobby de se passer d'eux.

Certains articles de magazines dédiés sont parfaitement fiables, s'ils sont rédigés par des chercheurs ou des enseignants à condition qu'ils rédigent dans leur domaine d'enseignement/d'étude.
(Un prof ne peut arguer de son statut d'enseignant pour légitimer des écrits concernant quelque chose qui n'est pas de son domaine d'étude. Par exemple, il convient de faire le distinguo entre Histoire (tout court) et Histoire de l'Art ; il ne s'agit pas de la même chose. Et on ne peut pas arguer d'un diplôme en Histoire de l'Art (matière pour laquelle j'ai également infiniment de respect) pour légitimer des écrits d'Histoire. En ce cas, il s'agit d'écrits de la part, au mieux, d'un érudit,  et au pire de quelqu'un comme vous et moi. Evidemment, si sa spécialité cadre avec l'art médiéval - par exemple les fresques du XIV°s en Provence -, ne perdez pas une miette de ce qu'il vous expliquera  des fresques du petit Palais d'Avignon ! Mais ne vous laissez pas impressionner par son titre d'enseignant en Histoire de l'Art si sa spécialité tourne autour des Préraphaélites (que j'aime beaucoup à titre personnel) et qu'il vous parle des chapiteaux romans de telle abbaye ; si ça se trouve, il/elle a simplement lu les mêmes guides que vous il y a deux jours).

Pour savoir si un article est fiable, ne pas hésiter à aller directement à la bibliographie : évaluer si elle est correctement rédigée, si les noms des auteurs ont bonne réputation, et surtout, si on peut remonter aux documents cités ;


Les peintures (miniatures, enluminures, fresques...)
Soumises à des conventions de représentations assez codifiées, destinées à de hauts dignitaires (un manuscrit coûte horriblement cher et peut décimer un troupeau de moutons au complet), ou destinées à l'édification des foules (églises), elles ne brossent que rarement les caractéristiques du "petit peuple"  (les travaux des mois sont à cet égard les plus représentatifs), mais elles apportent évidemment énormément d'indications et représentent environ 70% de nos modèles. Toutefois, vu la taille très restreinte de la plupart des miniatures (rien que le nom, déjà, hein^^), il ne faut pas s'attendre, la plupart du temps à des figurations très fidèles. Et bien entendu, il nous manque... le relief et le volume.
Certains rappellent que les couleurs de la peinture n'ont rien à voir avec les couleurs de teinture et qu'elles offrent plus de liberté. C'est sûrement vrai, et donc en même temps que les peintres peuvent inventer, ils peuvent également restituer fidèlement ce qu'ils voient comme couleurs (laissons pour le moment de côté les contraintes des peintres vis à vis de la compatibilité des pigments qui sont à leur disposition).

Il ne faut jamais extraire des miniatures de leur contexte et toujours chercher à trouver au moins les légendes associées (souvent fournies par les musées ou bibliothèques hébergeant les fac-simile), afin de déterminer s'il s'agit de personnes (réelles) ou de personnages (fictifs ou hautement symboliques). Les auteurs mais aussi le commanditaire sont également de précieux indicateurs.

Les interprétations, par le commun des mortels que nous sommes tous, n'est pas toujours aisée : des codes, destinés aux érudits commanditaires peuvent nous échapper (ils ne sont pas systématiques et le sens artistique prime).
Par ailleurs il ne faut pas non plus tout prendre au pied de la lettre. Les peintres sont observateurs mais ce ne sont pas des encyclopédistes : ils ne savent pas tout, ils n'ont pas forcément tout vu ni  tout mémorisé et peuvent commettre des erreurs à propos de spécialités précises.
Un seul conseil : quand c'est louche, ou isolé, ou rare, ou trop bizarre, il vaut mieux s'abstenir d'en déduire quoi que ce soit, on met de côté, et on y reviendra si on croise plus tard une autre occurrence de la même bizarrerie.



Les sculptures (statues, sceaux, gisants, bas reliefs...)
Les gisants apporteront le plus de détails contemporains et exploitables pour notre hobby (à condition de prendre en considération que les statues sont parfois réalisées longtemps après la mort des modèles, et aussi prendre en compte le fait qu'il peut y avoir des archaïsmes pour rajeunir les défunts figurés. A la fois riches mais pas si fiable que ça, sauf à considérer un ensemble de représentations (les savants disent un "corpus"  - encore du jargon^^...).
Les statues des églises peuvent aider pour certains accessoires (fermaux, aumônières...) mais les principales statues représentent des personnages très codifiés (et non des personnes), avec leurs attribut propres, couplés aux conventions contemporaines. C'est encore une fois sur les personnage annexes (servantes, bergers...) que nous aurons le plus de chances de trouver de vraies personnes (et non des personnages).
Un bémol à prendre en compte : les restaurations éventuelles. Il ne suffit pas de savoir que telle fresque a été exécutée au XIV°s, il faut encore savoir si des restaurations sont intervenues. Les plus redoutables et celles qui ont le plus de grande d'avoir intégré de grosses modifications, voire des contresens, sont celles des "scientifiques" du XIX°s.


En résumé, on ne peut pas se contenter d'un seul type de "sources". Il faut en sélectionner plusieurs, les comparer, avant de pouvoir décider qu'un faisceaux d'indices concordants nous permet de déduire "que". En fait, c'est un peu comme les enquêtes policières popularisées par les séries américaines. Et d'ailleurs, à la base, le terme de "source" est plutôt utilisé dans les milieux journalistiques ou policiers pour désigner une personne et non un documents. Et c'est assez logique puisqu'une "source" de quelque chose fournit plusieurs "quelques choses". Pour être logique, le hobby devrait parler de source lorsqu'il parle d'un rapport de fouille ou d'un ouvrage ou d'un musée, mais pas d'un document/artefact/peinture isolé.



A éviter absolument

- Les films à  grand spectacle ne sont pas des sources d'inspiration fiables.
- Les réalisations des associations déjà en place : si vous copiez ce qu'elles font et qu'elles se sont trompées à la base, vous répèterez inutilement une erreur. L'argument "oui mais untel le fait depuis trois ans, et personne n'a jamais rien remarqué", ça ne légitimera rien du tout Wink : il vaut mieux demander à ces associations de fournir les documents qui leur a permis de faire leurs choix, et seulement ensuite de faire le votre, à partir du corpus de documents qu'ils ont eux même utilisés, augmenté de nos propres trouvailles en matière de documentation


Et tout cela suffit-il ? Non, certainement pas. Mais ce n'est pas une raison pour baisser les bras. Et même après la lecture de l'article d'Odile Blanc : Histoire du costume : l'objet introuvable nous "jouerons" quand même de notre mieux. Smiley
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Re: Quels types de "sources", et qu'en faire ?
Reply #1 - 25.07.12 à 13:15:02
 
Où trouver des nids (des mines) de "sources" ?


Ici !  Smiley

Mais surtout :

Sculptures, peintures :
- en se déplaçant : dans les musées, les expositions
- sans se déplacer : sur les sites des musées en ligne (voir :  le chapitre : http://mediaephile.com/forum/cgi-bin/yabb2/YaBB.pl?catselect=rmd3 )


Miniatures :
- en se déplaçant : dans des musées, dans des expositions thématiques, parfois dans des bibliothèques (municipales, nationales), dans des revues d'art (ou d'histoire).
- sans se déplacer : sur les sites de bibliothèques (ou musées)  ayant numérisé des manuscrits  : http://mediaephile.com/forum/cgi-bin/yabb2/YaBB.pl?catselect=rmd3


Ouvrages modernes :
- en se déplaçant : certaines bibliothèques "standard" peuvent avoir des ouvrages intéressants. Certaines bibliothèques universitaires aussi, et elles peuvent même éventuellement participer aux prêts inter bibliothèques (sauf celle qui est à 4 km de mon lieu de travail, évidemment   ) (voir le chapitre http://mediaephile.com/forum/cgi-bin/yabb2/YaBB.pl?catselect=rmd3  ).
- sans se déplacer : des articles complets ou des extraits d'articles sont mis en ligne de façon tout à fait légale sur certains sites  (voir :  le chapitre : http://mediaephile.com/forum/cgi-bin/yabb2/YaBB.pl?catselect=rmd3 )


Comment naviguer dans certaines bases de données en ligne ?
Voir dans les sujets du chapitre  http://mediaephile.com/forum/cgi-bin/yabb2/YaBB.pl?catselect=rmd3 , certaines manipulations délicates (ou pas) y sont (seront Tongue) décrites.
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Re: RMD (HE) -FAQ3- Quels types de "sources", et qu'en faire ?
Reply #2 - 29.10.16 à 20:54:11
 
up (pour afficher dans l'ordre ^^)
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